LES JEUDIS  DE L'ARCHEO-LOGIS

CONFERENCES 2010
 

Cycle estival Les Jeudis de l’Archéo-Logis

Tèl: 04 71 05 07 58

21:00 h, les Coustilles, entrée 3 euros



22 juillet –L’âge du Bronze et les débuts de l’âge du Fer en Haute-Loire, par Jean-Pierre Daugas, Conservateur général honoraire de l’archéologie

L’examen du catalogue des objets métalliques de l’âge du Bronze et des débuts du Premier âge du Fer découverts en Haute-Loire (entre 2200 et 650 ans avant notre ère) montre l’émergence précoce d’une élite sociale disposant d’outils tels que des haches, en provenance de Suisse occidentale et qui leur permettront d’assurer une main mise sur des terroirs dédiés à l’élevage et à l’agriculture. Quelques siècles après, au Bronze moyen, ces nantis étendent leurs relations à l’Europe centrale et septentrionale : ils développent des lignages détenteurs de pouvoirs économiques et politiques dont ils portent les attributs sous la forme de prestigieux objets importés s’intégrant dans des panoplies militaires : épées, haches, pointes de lance. La fin du Bronze final et les débuts de l’âge du Premier âge du Fer confirment ces liens, même si l’on observe également une ouverture vers le monde atlantique. Des dépôts cérémoniels célébrant la mémoire de personnages de rang élevé sans doute placés à la tête de chefferies locales révèlent, par leur composition, des relations d’échange complexes avec les peuples italiques et la Grande Grèce.

Au total, loin d’être une contrée isolée, le Velay ressortit comme fraction d’un ensemble géographique et culturel faisant le lien entre l’espace alpin et le monde méditerranéen.

Jean-Pierre Daugas, Conservateur général honoraire de l’archéologie (ministère de la culture et de la communication) est originaire de Franche-Comté. Il a commencé à travailler en Auvergne à partir de 1966. Ses recherches ont porté tout à la fois sur l’âge du Bronze et sur la période néolithique et il a coordonné plusieurs chantiers de fouille en Velay :  à Espaly-Saint-Marcel (Les Rivaux) mais aussi sur le site paléolithique du Blot à Cerzat. Par la suite son activité s’est déplacée dans d’autres régions (Pays-de-la-Loire et Rhône-Alpes), ainsi qu’à l’étranger dans le cadre des travaux de la Mission préhistorique française au Maroc consacrés au Néolithique et à l’âge du Bronze.

 
Bains, hache du Bronze moyen.


29 juillet – Etat d’avancement du projet Espace de restitution de la grotte Chauvet, par David Huguet, Chef du projet culturel ERGC

 Ayant débuté son parcours au sein du Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM) afin d’y réaliser une thèse intégrée dans un programme de recherche portant sur le volcan Cantal, D. Huguet a ensuite détourné son chemin pour la culture scientifique et culturelle. D’abord, directeur du Muséum des Volcans d’Aurillac (labellisé Musée de France), il fut ensuite chef de projet de Terra Memoria, un centre d’interprétation dont il a assuré la conception, puis la direction pendant plusieurs années. Aujourd’hui, Chef de Projet Culture de l’Espace de Restitution de la Grotte Chauvet-Pont d’Arc, l’équipe que D. Huguet a intégré est missionnée pour constituer un site culturel qui sera doté d’un fac-similé de la célèbre cavité, d’un centre d’interprétation adjoint à des espaces pédagogiques.

L’ouverture est programmée en 2014. L’été dernier, D. Huguet nous avait présenté le projet architectural et culturel . Il vient cette année nous présenter l’avancement des travaux et de la programmation culturelle et scientifique qui s’articulera avec ce haut-lieu de médiation.

 



Un panneau orné de la grotte Chauvet (cliché Ferrier).

 


5 août – La grotte Chauvet : des animaux et des hommes. Le regard du géologue, par Catherine Ferrier, Maître de Conférences, Université Bordeaux I.

La grotte Chauvet est mondialement connue en raison de l’ancienneté et de la qualité des dessins qui y ont été découverts. La remarquable conservation de ces témoignages ainsi que l’abondance des traces de fréquentation de la cavité par l’ours des cavernes ont suscité le développement de recherches menées par de nombreux spécialistes. Les études géologiques ont permis de mieux comprendre les principales étapes de la genèse de la grotte et de restituer quelques moments de sa fréquentation par les hommes préhistoriques et les animaux. Aujourd’hui, elles s’attachent à comprendre les phénomènes qui se produisent à l’interface entre la roche, support des représentations pariétales, et l’atmosphère afin de contribuer à la réflexion sur la conservation de ces vestiges exceptionnels appartenant au patrimoine commun.

Catherine Ferrier , docteur de l’Université de Bordeaux 1 où elle occupe les fonctions de Maître de Conférences depuis 1997. Spécialiste du karst, elle étudie la sédimentologie des sites paléolithiques localisés en entrée de grotte (processus d’accumulation et post-dépositionnels ; paléoenvironnements) dans le sud-ouest de la France et le nord de la Bulgarie). Elle porte un intérêt particulier à la taphonomie des grottes ornées : étude des mécanismes d’altération des vestiges pariétaux situés dans l’endokarst (grottes Chauvet, Cussac, Rouffignac, Font de Gaume). Elle est responsable du projet CEGO (Conservation et Étude des Grottes Ornées) financé par l’Université de Bordeaux 1, la Région Aquitaine et le Ministère de la Culture et de la Communication. Elle est membre de l’équipe scientifique d’étude de la grotte Chauvet.


> Conférence "hors les murs" <

7 août - A Craponne-sur-Arzon, Néanderthal en Velay, par Jean-Paul Raynal, Directeur de recherche au CNRS.

 Depuis près de 200 000 ans, peut être plus, les hommes de Néandertal ont peuplé le Velay. Si on n’a pas encore retrouvé en Velay les fossiles de ces hommes, leurs outils de pierre ont en revanche été découverts en plusieurs endroits (abris de Baume-Vallée, du Rond de Saint-Arcons, de Blassac, grottes de Sainte-Anne I et du Rond-du-Barry, station de plein air de Rochelimagne…).

Dans la grotte de Sainte-Anne I, par exemple, d’impressionants objets taillés en basaltes, des « bifaces » sont associés aux restes des animaux chassés : chevaux, rennes ou bouquetins furent en effet des proies disputées par l’homme au Lion des cavernes et autres loups lors de séjours pendant des périodes de glaciation. Le Cheval fut en particulier l’objet d’une chasse systématique par les derniers néandertaliens, à Baume-Vallée, Polignac ainsi qu’au Rond-du Barry par exemple. Cette conférence nous entraînera sur les traces de cette autre humanité sur la bes des résultats les plus récents des recherches en cours dans le département.

 Directeur de recherches au CNRS, Université de Bordeaux 1 Sciences et Technologies, Président de l’Archéo-Logis/CDERAD (centre de documentation et de recherche archéologique départemental) de Laussonne, Jean-Paul Raynal conduit des fouilles en Velay depuis 1974. Il est pécialiste de Préhistoire ancienne.

 


Les abris de Baume-Vallée en hiver (cliché A. Laborde)

 

 


12  août – Coulées pyroclastiques : caractères et dangerosité d’après des exemples archéologiques  par Gérard Vernet, Ingénieur de recherches, INRAP

L’étude des produits pyroclastiques distaux en milieu archéologique a d’abord reconnu des produits de retombées. Le développement de l’observation en lames minces de grand format a permis de mettre en évidence certaines micro-structures résultant de phénomènes éruptifs de type « souffles » ou « écoulements ». Le pouvoir destructeur de ces phénomènes change la vision de l’impact de ces éruptions préhistoriques.

On présentera en détail l’éruption du Vésuve dite « des ponces d’Avellino », quia connu différentes phases éruptives qui ont affecté le village de l’âge du Bronze ancien de Nola. Puis nous verrons que certaines des éruptions auvergnates de la Chaîne des Puys ont comporté des phases explosives responsables de la mise en place de produits de déferlantes et de coulées pyroclastiques qui ont eu un impact important sur l’environnement des hommes, en particulier durant le Mésolithique.


 
Microfaciès des déferlantes de Nola (Campanie, Italie)

Docteur de l’Université de Bordeaux I, Gérard Vernet est actuellement Ingénieur chargé de recherche à l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives et chercheur associé de l’UMR 6042 CNRS l’Université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand. Spécialiste des éruptions de la Chaîne des Puys, il poursuit sa recherche personnelle portant sur la caractérisation des produits volcaniques en milieu archéologique et sur les relations Homme-Volcan en France et en Italie. 

 

 


19 août – Lascaux, la lumière des Paléolithiques, source oubliée de la Connaissance de l’Homme contemporain par Chantal Jègues-Wolkiewiez, ethno-astronome.

 Le plan et la coupe de l'entrée de la grotte de Lascaux, révèlent qu'avant l'éboulement ayant obstrué l'accès de la grotte, lors de son coucher au solstice d'été le soleil illuminait la salle des Taureaux et le Diverticule axial. La comparaison des formes et des successions animales des peintures pariétales de la salle des Taureaux, du Diverticule Axial, du Puits, ainsi que leurs mesures astrométriques permettent de les rapprocher de la forme et de la succession des constellations zodiacales ou circumpolaires telles qu’elles étaient placées il y a plus de 18 000 ans au-dessus de Lascaux. Les mesures solaires spécifiques à Lascaux lors des levers et couchers solsticiaux, permettent d’affirmer que la grotte est un sanctuaire et que les peintures étaient non seulement la représentation par les artistes de « leur temps » et de « leur espace »mais aussi la mémoire de leur savoir. Il serait intéressant maintenant, de comprendre pourquoi cette interprétation des peintures a été ignorée jusqu’à  présent.


Lascaux, bison rouge et constellation du lion (image C. Jègues-Wolkiewiez)

Après des études de psychologie et un intérêt prononcé et soutenu pour l’égyptologie et l’astronomie,Chantal Jègues- Wolkiewiez a soutenu en 1997 une thèse d’ethno-astronomie. concernant les gravures de l’Age du Bronze de la Vallée des Merveilles dans les Alpes Maritimes. Elle a étendu ensuite ses recherches à la grotte de Lascaux et a étendu ses travaux à plus de 150 grottes ornées du territoire français. Un film, « Lascaux le ciel des premiers hommes » réalisé en 2006 par la Production de « Bonne Pioche », est un résumé du travail réalisé à cette époque.

 

 


26 août – Coa, la rivière aux mille gravures, projection du film suivie d’un débat avec le réalisateur, le cinéaste Jean-Luc Bouvret.

 De part et d’autre du Côa, paisible rivière portugaise coulant au fond d'une vallée sauvage, s’étale un véritable trésor archéologique : des milliers de gravures préhistoriques à l’air libre. Lors de leur découverte dans les années 90, elles font l’effet d’une bombe : à coté de l’ « art des cavernes », le mieux connu, s’ouvre un champ immense d'investigation qui va révolutionner notre vision de la préhistoire et de son art. Un abaissement artificiel des eaux permettra de préciser un contexte archéologique inédit. A la clef, une révolution de notre conception des origines de l’art, de l’homme préhistorique et de son mode de vie.

 
Une des gavures de Coa (cliché H. Matos)

Jean Luc BOUVRET écrit et réalise des documentaires depuis une vingtaine d’années. En 1989, il filme la cité lacustre de Chalain. En 1994, il réalise Casablanca, Préhistoires au Maroc. En 1999, il observe les Aborigènes d’Australie dans un documentaire intitulé Foreurs de Mémoire. Passionné par les sujets scientifiques réalise la collection Il était deux fois  en 1997, collection qui fait le point sur les questions d’expérimentation en archéologie avec douze épisodes de 13’ chacun. Cette collection sera largement diffusée et réalisera à un moment donné le plus fort taux d’écoute de la jeune Cinquième. Le film, consacré aux gravures de Coa a été récompensé par plusieurs prix à Icronos, Agon , Bruxelles et Nyon.

 

 


2 septembre – Autour du Rond du Barry, Hommage à Roger de Bayle des Hermens, par Jean-Paul Raynal, Directeur de recherche au CNRS et collaborateurs

 Roger de Bayle des Hermens, né au Mazet-Saint-Voy en 1923, Docteur d’Etat en Préhistoire, démarreen 1965 ses recherches en Haute-Loire et participe aux cotés d’Henri Delporte, Alphonse Laborde et André Cremillieux à l’essor de la Préhistoire vellave. Il rédigera d’ailleurs un Atlas préhistorique du département de la Haute-Loire qui lui permettra d’être diplômé de l’Ecole Pratique des hautes Etudes en 1971 et sera publié en 1972. Il entame des fouilles de longue durée (1966-1987) dans la caverne du Rond du Barry à Sinzelles (Polignac) et y effectue plusieurs découvertes de premier plan : en 1969, le Congrès Préhistorique de France qui se tient au Puy-en Velay a pour emblême un objet magdalénien en bois de renne gravé d’une « Vénus » (figuration féminine) trouvé au Rond du Barry ; en juillet 1986, c’est un crâne magdalénien complet qui est découvert dans un état de préservation exceptionnel.


Roger de Bayle des Hermens reçoit en 2004 la médaille du département de la Haute-Loire des mains du Président du Conseil général, Gérard Roche. Cliché C. Daugas.

Jean-Paul Raynal, Directeur de recherche au CNRS, rendra hommage à cet enfant du pays. Après avoir retracé sa carrière, il présentera ses travaux dans la caverne du Rond du Barry, en compagnie de plusieurs doctorants engagés dans des recherches sur cet important site du Magdalénien vellave : Laetitia Brun, Vincent Delvigne, Audrey Lafarge et Delphine Rémy.

 


9 septembre Géologie et vins, par Patrick de Wever, Professeur au Muséum national d’histoire naturelle, avec dégustation.

 Le vin est réputé être la boisson des dieux. C’est peut être parce qu’il représente l’une des plus parfaites intégration de la nature. En effet le vin est le produit final d’une histoire qui commence dans le sous-sol, où la plante plonge ses racines, se poursuit dans le sol sur lequel elle pousse, qui utilise les insectes pour l’insémination, les champignons et les bactéries pour obtenir une pourriture noble et enfin d’autres microorganismes pour être transformés en un liquide buvable. Mais l’Homme y met son art, son  âme pour que ce breuvage devienne un nectar.

Lors de la conférence, on s’arrêtera, après un bref historique sur la vigne et le vin, à souligner les relations qui existent entre le contexte géologique, le terroir et les crus, à partir de quelques exemples.

 

La Roche de Solutré et le vignoble de Pouilly-Fuissé. Photo P. de Wever.

 

 Géologue de formation, Patrick De Wever  s’est consacré à l’étude des radiolaires  (microplancton siliceux)  lors d’un séjour en Californie. Chercheur au CNRS pendant près de 20 ans et très spécialisé, il a voulu élargir son spectre d’intérêt et a rejoint le Muséum comme Professeur pour prendre la direction du laboratoire de géologie. Il a été président de la Société géologique de France. Il s’intéresse désormais à la diffusion scientifique sous forme d’expositions, de conférences ou de livres (directeur de trois collections de livres destinées à l’enseignement, aux chercheurs et au patrimoine géologique) etc. Passionné par les relations entre la biosphère et la géosphère, il est également investi dans la sauvegarde du patrimoine géologique et en charge de l’inventaire national du Patrimoine géologique.

 


16 septembre – Les premiers européens, projection du film suivie d’un débat avec le réalisateur, le cinéaste Axel Clévenot.

Qui sont les premiers Européens? D’où venons nous? depuis près de 2 millions d’années l’Europe a connu d’incessantes migrations. De la Grèce à la Finlande, du Portugal à la Pologne, de l’Europe centrale aux Iles Britanniques, des hommes ont dû peu à peu conquérir de nouveaux territoires. mais pour survivre il a fallu s’adapter. Nous sommes leurs descendants… S”appuyant sur les dernières recherches scientifiques et grâce à une écriture visuelle originale, Les premiers Européens nous fait découvrir les grandes étapes culturelles, artistiques et techniques qui, dès la Préhistoire, ont fondé nos identités européennes.

 Depuis 1982, Axel Clèvenot est auteur et réalisateur de nombreux films documentaires de création pour les chaînes de télévision France 3, ARTE, France 5 et divers organismes ou institutions (Conseil de l’Europe, Ministère de l’Education Nationale, La Villette...). Lauréat de plusieurs prix internationaux, il est spécialiste des nouvelles images et nouvelles technologies.

  

En route vers l’Europe. Cliché INA Les premiers européens.




Archéo-Logis/CDERAD, Les Coustilles, 43150 Laussonne

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